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Stéphanie : «698,52€. C’est le prix de notre amour.»

5 février 2021, le couperet tombe. 698,52€. C’est le prix de notre amour. Aussi grand puisse-t-il être, il ne pèse pas bien lourd …encore 50€ de moins, cette année, sur mon allocation d’adulte handicapée.

50€? Ce n’est pas grand-chose, et beaucoup à la fois me direz-vous. C’est un plein d’essence ou une quinzaine de repas à la cantine pour Gabin.

Pourtant, le système allocataire familial décide que, parce que l’on s’aime et que l’on vit sous le même toit, les revenus de ton conjoint, qui avoisinent les 1600€ par mois, sont trop « élevés » et peuvent nous faire « vivre décemment ».

Ce qu’on me donne bien gentiment pour « palier de façon compensatoire à ma situation de handicap » dépend directement de ce que mon mari reçoit en salaire…

Donc, je ne suis pas encore assez dépendante physiquement de lui ? Il faut encore que je le sois financièrement ? En deux années, j’ai perdu presque 400€ juste parce que c’est le système qui le décide. Comment ne pas être en colère ?

Comment puis-je me sentir bien, vis à vis de mon mari ? Ne pas se sentir comme un fardeau, dans une situation pareille, est quasi impossible.

Quand comprendra-t-on que les personnes atteintes de handicap ont leur propre individualité humaine ? Elles ont aussi des capacités, certes à adapter, mais tout aussi valables que les personnes valides, à proposer à la société pour être rémunérées, ou bien, lorsque le handicap les prive de cette possibilité, qu’elles ne l’ont pas choisi, faut-il rappeler que leur handicap ne dépend pas de leur conjoint Je suis fatiguée de me débattre dans ce piège insensé. Je suis épuisée par cette injustice… Une injustice discriminatoire envers les allocataires de l’AAH ?

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Fernando & Claire : «Pouvoir, au moins, maitriser l’aspect financier à défaut du physique et du mental»

Fernando

Mon épouse et moi sommes amoureux depuis 30 ans, mariés depuis  17 ans. 3 enfants. Tous à charge puisque les grands sont en études et le plus petit a 4 ans. Mon épouse est handicapée à 80 % depuis plusieurs années et touche actuellement l’allocation pour adultes handicapés.

Faut-il que nous divorcions afin qu’elle ne perde pas son autonomie financière ?

Elle angoisse à l’idée de perdre son AAH, son autonomie, lorsque les grands ne seront plus comptés à charge et si mon salaire venait à évoluer. Nous avons déjà du mal à boucler les fins de mois, nous ne partons jamais en vacances et ne faisons aucune sortie. Elle se sent déjà comme un poids à cause de ses difficultés. Je dois presque la forcer à s’acheter ce dont elle a besoin.

Comment peut on retirer sa dignité à un être humain qui n’a pas demandé son handicap ? Qui ne réclame pas la charité mais simplement le droit de vivre en autonomie et non au crochet de quelqu’un ?

Même si je l’aime et que jamais elle ne sera un poids pour moi, elle le ressentira ainsi. C’est certain. Elle est fragile physiquement et moralement, mais elle a décidé qu’elle ferait la grève de la faim si l’AAH lui est retirée. Je suis horrifié.

S’il vous plait, ne lui retirez pas sa dignité.

Claire

Je m’appelle Claire, 44 ans, mariée depuis 17 ans mais en couple avec mon mari depuis 1991. Nous avons 3 enfants de 20, 18 et 4 ans. Je suis handicapée à 80 % et actuellement je touche l’AAH. Je suis pour le moment à peu près autonome financièrement.

Mais, lorsque mes deux grands ne seront plus à charge ? Que mon mari aura un salaire augmenté ? Devrais-je redevenir un boulet ? N’avoir plus aucun revenu ?

J’aimerais pouvoir travailler, avoir des loisirs et des plaisirs, mais je ne peux pas.

Je suis reconnaissante de pouvoir toucher cette allocation sans laquelle nous ne pourrions pas faire face aux dépenses liées à mon handicap, au manque de salaire également. Si je ne l’ai plus , je perdrai ma dignité, mon indépendance, la possibilité de faire des choix, des achats personnels. Comment peut t-on refuser  de nous laisser notre dignité ? Je souffre physiquement et moralement déjà. Pourquoi ne pas désolidariser l’AAH ? Vous voulez des raisons ? 

La liberté, le choix et l’indépendance. Pouvoir, au moins, maitriser l’aspect financier à défaut de physique et du mental. Ne pas être soumis.  Pouvoir vivre avec dignité.

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Pierrette : «Je pense au suicide »

Je suis mariée et je n’ai plus d’enfants à charge, ils sont étudiants. Mon mari gagne 1500 € de salaire, mon AAH a été réduite, je n’ai plus que 500 € par mois au lieu de 900€.

Une perte de 400 € sans avoir été prévenue.

Aujourd’hui, on se prive, on n’a le droit à aucune aide (même pendant le COVID).

Je dépends de mon mari pour tout, je pense au suicide… Je pense que je suis un fardeau pour la société.

Mon mari envisage de demander le divorce pour que je récupère mon droit et vivre mieux…  Je n’ai plus le droit d’être heureuse avec lui, ni d’être mariée. Si je tombe en panne de voiture ou autre, je dois demander à mon mari, je n’en peux plus. Aidez nous…