Catégories
Témoignage écrit

« Je veux que mon conjoint me regarde comme sa compagne, pas comme une lourde facture. »

Je suis une femme, j’ai 51 ans et je touche l’AAH depuis quelques années. Ma première demande avait été refusée car je travaillais avec un tout petit salaire, en plus de celui de mon conjoint. Suite à la naissance de mes deux autres enfants et l’évolution de mon handicap, je dépendais de plus en plus de mon conjoint. Et là, notre relation a complètement changé (en pire). Cela a duré quelques temps. Suite à ça, j’ai fait une autre demande, avec les conseils de mon médecin et elle a été acceptée. J’ai pu toucher l’allocation complète.

Ainsi, j’ai pu participer aux dépenses du foyer, faire les soins complémentaires qu’il me fallait (séances de kiné, quelques soins dentaires).

J’avais même pu faire quelques sorties cinéma avec mes enfants et leur offrir des cadeaux à leur anniversaire. Malheureusement, ça n’a pas duré. Mon conjoint a été augmenté de 200€, et là, mon AAH a baissé à 447€ ! Puis ma fille a fêté ses 20 ans, et là aussi, encore une autre chute.  Je ne touche plus que 217€  qui me servent à payer mes factures.  

Ma vie, depuis, a changé, je ne peux plus participer aux dépenses de foyer, plus de cadeaux pour les enfants, plus de soins.

J’ai annulé beaucoup d’examens car trop coûteux. A cela se rajoutent les réprimandes et les conflits avec mon conjoint. L’humiliation devant mes enfants, comme si je ne servais à rien. A plusieurs reprises, j’ai pensé à la séparation, mais je suis coincée ! Car comment faire pour élever mes enfants avec 217 €  ? Je ne veux plus être une charge pour ma famille, ni physiquement, ni financièrement. Je ne veux plus demander de l’argent à mon conjoint ou encore pire, à ma fille étudiante, pour offrir un cadeau d’anniversaire à l’un ou à l’autre.

Je veux que mon conjoint me regarde comme sa compagne, pas comme une lourde facture. La déconjugalisation des revenus doit se faire, cette loi doit passer.

Catégories
Témoignage écrit

« Il me reste environ 30 € par mois pour vivre. »

Je suis atteint d’une maladie génétique depuis mes 12 ans, elle est évaluée à 80%. En 1999, j’ai été opéré dans l’espoir de retrouver une « vie normale ». Celle-ci ayant échouée, on m’a opéré une dizaine de fois par la suite.

Le temps passé à l’hôpital a donc considérablement bouleversé mon parcours scolaire. Après plusieurs formations dans les métiers de l’image, j’ai été employé. Mon employeur a rompu mon contrat avant la fin de la période d’essai me jugeant insuffisamment productif aux yeux du monde du travail. Cela s’est répété d’entretien en entretien. Malgré les douleurs intenses quotidiennes et persistantes, je me suis tourné vers les associations pour rester actif et ne pas vivre isolé.  Jusqu’à juin 2015, je vivais seul dans mon appartement.

Malgré tous les échecs accumulés, j’étais indépendant. Les aides de la CAF avec l’AAH, la majoration pour la vie autonome ainsi que l’aide au logement me permettaient de vivre et d’assumer les frais liés à ma maladie. 

Dans ma vie privée, j’ai trouvé le bonheur. Depuis juin 2015, j’ai emménagé avec mon amie. Il a fallu des mois de recherche et surmonter de nombreux obstacles pour trouver notre appartement. Le logement devait être accessible avec un ascenseur pour que je puisse y entrer en fauteuil. Un logement récent, donc plus cher par rapport à ce que j’aurai pu rechercher si je n’avais pas eu d’handicap.  Nous avions pris en compte nos revenus par rapport au montant du loyer et fait une simulation sur le site de la CAF pour évaluer le montant des aides.

Cette simulation n’a jamais indiquée une baisse de mon AAH et la suppression de la majoration pour la vie autonôme.

Mes ressources subissent une perte de 422 € depuis le nouveau calcul de la CAF.  Maintenant, je me trouve dans une situation financière très compliquée. Sans compter mon budget alimentation et les à-côtés de la vie, il me reste environ 30 € par mois pour vivre.

Je deviens dépendant de ma compagne alors que j’ai toujours lutté pour mon autonomie. J’avais acquis une vie presque comme les autres, ce fut un long et rude combat pour en arriver là.

Je vis cette situation actuelle comme un échec et une injustice après à tous les sacrifices que j’ai mené pendant 21 ans. Je suis révolté par le mode de calcul qu’effectue la CAF, il est injuste et totalement discriminatoire. Ma situation pourra difficilement évoluer puisque mes aides sont calculées sur les revenus de ma compagne. 

Ma situation est bien différente à celle d’une personne percevant le RSA car je ne peux pas travailler.

Si j’avais habité chez mes parents, j’aurais perçu l’AAH à taux plein car leurs ressources ne sont pas prises en compte.  Cette situation risque de fragiliser ma vie de couple. Je constate que je suis condamné à vivre avec le minium, d’être en permanence dépendant de ma compagne. Quand le salaire de mon amie augmentera, cela entraînera une baisse de mes ressources. Elle aussi se sent freinée dans son travail, par peur que je perde mon AAH et de devoir assumer seule notre vie financière à 2, ma compagne se refuse toute évolution de carrière. Indépendamment de ma volonté, cette situation précaire risque de m’isoler socialement petit à petit. D’un point de vue fiscal, ma compagne et moi sommes également tous les deux pénalisés.

Nous ne sommes ni mariés, ni pacsés et pour autant nous ne pouvons pas faire une déclaration commune.

Mon amie assume déjà la baisse de mes revenus et elle doit malgré tout payer ses impôts comme si elle vivait seule.  

Il est urgent que les personnes handicapées vivant en couple mariés ou non puissent conserver une autonomie financière. Cela passe par l’individualisation de l’AAH et le vote à l’assemblée du 17 juin.  

Catégories
Témoignage écrit

Patricia : « Moi, femme, je me retrouve sans choix, sans espoir. »

Je suis une maman de 46 ans, et depuis 3 ans je souffre de cancers, fibromyalgie et neuropathie. D’une vie active, je suis passée à une vie de maman solo avec 3 filles, sans pension alimentaire, et dépendante de mon nouveau compagnon.

Oui, comme une enfant, je dois demander, quémander mon petit argent de poche !

Lui fait de son mieux, il travaille et a mes filles et moi à charge. Il n’a aucune reconnaissance, ni même pour ses impôts, mais par contre toutes les obligations ! Il paye chaque mois deux pensions alimentaires d’une autre union. Il a un salaire correct, et pourtant on vit en dessous du minimum de pauvreté.
Si j’étais valide, je pourrais espérer changer la situation en trouvant un emploi. Mais non, ce n’est pas le cas ! Je suis devenue dépressive, dépendante financièrement et ce pas par choix, oh non !!!
Comment peut t-on nous laisser ainsi, en situation de mendicité ?!

Psychologiquement j’ai déjà pensé au pire, j’ai essayé le pire, vu que je suis un boulet qui pompe et ne sert à rien… Heureusement je suis aidée psychologiquement maintenant.

Acheter même une culotte à ma fille passe par mon compagnon, c’est violent, vraiment très violent !

Il n’est pas leur père. Il faut qu’on nous entende ! Si je demandais le RSA qui serait refusé à cause des revenus du conjoint je trouverais ça normal. Pourquoi ? Car  je pourrais me débrouiller pour travailler, quand on veut, on peut, puisqu’on est valide ! 

Mais en invalidité, le « quand on veut, on peut » n’est pas possible ! J’en pleure et encore je cache mon ressenti aux gens. Moi, femme, je me retrouve sans choix, sans espoir.

C’est bête mais même pour dire merci à mon compagnon qui est aussi mon infirmier, mon homme de ménage, mon taxi… Je ne peux lui acheter un cadeau qu’avec ses sous. J’essaie de me débrouiller, mais c’est très dur. Ma peau porte les stigmates de mon mal être, et mes filles souffrent avec moi.

Une vie où les jours passent un à un, où on se bat pour essayer de moins souffrir. Nous sommes les oubliés, nous vivons dans la honte, on perd notre honneur, nous n’avons plus aucune indépendance .

Catégories
Témoignage écrit

Nathalie : « Je suis devenue facile à dénigrer ! »

Je suis maman de 3 enfants, je vis en couple depuis 10 ans. J’ai toujours travaillé, mais voilà  en 2018 j’ai commencé à avoir des symptômes handicapants et invalidants parfois. Je suis atteinte d’une maladie neurologique mais complexe et en cours de diagnostic encore en 2021. Je bénéficie d’un suivi en centre anti douleur. Je dois arrêter de travailler en 2019, par la force des choses, à cause de douleurs intenses chroniques, des pertes de mobilité et chutes… le début de l’enfer ! On reconnait mon handicap en 2018, on m’ouvre les droits à l’AAH à taux plein, puisque mon conjoint venait de perdre son travail. 

Pour moi qui était très active et entourée, j’ai subi l’isolement. En 2021 je ne touche plus l’AAH, pourquoi ? Parce que mon conjoint est chef d’entreprise ! Mais moi ? Moi je suis toujours avec cette maladie, ces douleurs, chutes, cette fatigue intense, l’isolement. Un couple qui est détruit car je suis devenu dépendante financièrement, bien malgré moi ! 

Car plus rien ne va, je ne suis plus « celle qui ramenait de l’argent », qui gagnait sa vie, qui travaillait ! Je suis devenue facile à dénigrer ! « Je ne sers à rien » et « j’ose répondre, moi qui ne ramène rien à la maison », le manque de respect parce que « je n’ai plus rien à dire », je subis la double peine, pourquoi ?! Car je suis malade et n’ai aucun soutien. 

Je voudrais partir, mais financièrement, je dois choisir entre rester malheureuse dans un couple pour vivre dignement, accepter d’être démolie moralement en plus de la maladie ou partir, et survivre avec 904 euros d’AAH, tout en sachant que je dois subvenir aux besoins de mes 3 fils ! Lequel dois-je sacrifier financièrement ? Celui qui est en sport études et qui coûte plus cher, celui qui veut faire des activités sportives ou celui qui doit passer son permis et avoir une voiture ?
Et comme mes deux aînés ne vivent plus avec moi pour leurs études, je n’ai pas d’aide ou d’allocation !  Et bien je vais devoir me sacrifier encore, car je ne suis qu’une maman malade qui subit des lois de l’État… 

L’ État ne saura jamais ce qu’est la vraie vie de personnes malades ou handicapées !

Au-delà du fait que nous ayons l’AAH calculée sur les bases du revenu du couple, il y a aussi le fait que notre maladie nous empêche de travailler pour avoir un bon niveau de vie ! Notre maladie creuse un fossé, mais on nous jette dedans en faisant de nous des « cas sociaux », avec une rentrée d’argent totalement dérisoire et à peine suffisante pour boucler des fin de mois !

Me voilà à 39 ans officiellement dépendante financièrement et obligée de subir les violences conjugales qui ne m’aident pas à aller mieux !

Catégories
Témoignage écrit

Ghislaine : « Sous le règne… »

Je suis atteinte d’une maladie génétique dégénérative, orpheline ne me permettant pas d’envisager une vie professionnelle. Cela fait plus de vingt ans que je suis classée dans la catégorie des 80 % et plus.

Quand j’étais célibataire, l’AAH me permettait de subvenir à mes besoins « primaires » me nourrir, me loger, payer mes factures, me soigner quelques fois, prendre soin de moi de temps en temps. 
Il y a dix-sept ans j’ai rencontré l’amour. Nous avons fait le choix de vivre ensemble car nous voulions l’un l’autre profiter des fruits de ce dernier (2 filles) ensemble. Malheureusement, j’ai très vite été rattrapée par « les lois » conditionnant l’octroie de cette allocation de subsistance qu’est l’AAH. En effet, j’ai vu mon AAH réduite à 0,00 €/mois car mon conjoint avait bénéficié d’une légère augmentation de ressources.  

À partir de ce moment l’amour a été vaincu par les difficultés financières engendrées par la perte de cette allocation.

Aussi, ma vie n’est pas à envier. Je suis confinée depuis des années de par ma perte d’autonomie. Je n’ai pas de revenus,

je subis des violences psychologiques et mes enfants ont honte de moi car je ne suis pas « productive ». 

SOUS LE RÈGNE DE LA « CONJUGALISATION » DES REVENUS POUR LE CALCUL DE L’AAH, ÊTRE HANDICAPÉ(E) C’EST :

  •  Une vie de couple qui vole en éclat ;
  • Être dépendant physiquement et financièrement ; 
  • Ne pas pouvoir subvenir à ses besoins, faire l’acquisition de matériels de compensation de handicap, adapter son logement
  • Et de ce fait, subir des violences psychologiques (humiliations, reproches…) voire physiques ;
  • Ne pas avoir de vie sociale ; 
  • Culpabiliser.

POURTANT :

  • Être handicapé (e) n’est pas un choix ; 
  • Souffrir d’une maladie incurable, non plus ; 
  • Ne pas pouvoir travailler n’est pas un choix ; 
  • Perdre son autonomie et sa dignité non plus. 

SOUS LE RÈGNE D’UNE « DÉCONJUGALISATION » DES REVENUS POUR LE CACUL DE L’AAH, ÊTRE HANDICAPÉ(E) CE SERAIT :       

  • Pouvoir vivre dans des conditions un peu plus sereines ;
  • Réduire un peu la précarité financière à défaut de la précarité physique ; 
  • Redonner les moyens aux handicapés de prendre soin d’eux, de se soigner ; 
  • Pouvoir sortir d’un quotidien de violences, d’isolement ; 
  • Retrouver le sourire, s’extirper d’une vie de souffrances…
Catégories
Témoignage écrit

Sophie : «Nous sommes condamnés à vivre au jour le jour»

J’ai 44 ans et j’ai un taux d’invalidité à 80%. Je souffre d’une maladie orpheline appelée myosite ossifiante progressive musculaire. Pour me déplacer j’ai un fauteuil roulant. Je vie en couple depuis 17 ans. Mon mari est ambulancier et son salaire joue beaucoup sur mon AAH du fait de ses heures supplémentaire. Avant que nous nous mettions en ménage, j’habitais chez mes parents et percevais 600€.

Mon compagnon (divorcé et une pension alimentaire pour son fils) était alors cadre dans son entreprise et touchait un salaire confortable mais en rapport avec les heures qu’il effectuait. Nous n’étions ni mariés, ni pacsés. Quand nous avons décidé de nous installer ensemble, nous avons signalé mon changement d’adresse et de situation familiale. Je m’attendais bien évidemment à une baisse de mes revenus mais pas à ce point là. Ma première alerte a été une lettre recommandée de ma mutuelle santé pour me dire que mon prélèvement n’était pas passé.

J’ai eu la surprise de constater qu’au lieu des 600€ mensuels habituels, mon allocation était tombée à 64€ ! Oui, oui, vous lisez bien ! Et tout ça sans aucun courrier préalable pour vous avertir. 

Je ne pouvais plus payer ma part de courses, mes factures, les médicaments non remboursés (entre autres ceux pour mes yeux touchés par ma pathologie et pourtant une partie du traitement n’est pas remboursée). Du coup je devais faire des choix pour ne pas dépendre entièrement de mon ami et parfois au détriment de ma santé.

Depuis que nous sommes ensemble ça a toujours été compliqué. Mon mari doit gérer ses heures pour ne pas avoir un salaire trop élevé pour ne pas me pénaliser. Dans le même temps cela nous empêche de cumuler un « bas de laine » pour faire face à d’éventuels imprévus. En clair, nous sommes condamnés à vivre au jour le jour.

Cette situation agit non seulement sur notre qualité de vie mais aussi au sein même de notre couple. Parfois quand la tension est trop forte, je me demande ce qui adviendrait de moi si on en arrivait à se séparer.

En 2019 nous avons hélas dû faire face à un de ces imprévus. Mon mari est tombé malade et est resté arrêté cinq mois et demi. Plus le temps passait et plus les indemnités diminuaient, mais pas les charges. Nous avions commencé à prévenir notre propriétaire d’éventuelles difficultés pour payer notre loyer. Fort heureusement cette personne est très compréhensive et nous a dit de faire comme on pouvait et que l’on régulariserait plus tard.

Nous avons pris contact avec une assistante sociale pour pouvoir nous donner un peu d’air et permettre à mon mari d’être réellement remis pour reprendre son travail. Le rendez-vous c’est soldé par un « désolé on ne peut rien pour vous ». Nous nous sommes alors tournés vers un crédit à la consommation et mon mari a repris son travail plus tôt qu’il n’aurait fallu. A ce jour nous continuons à payer ce crédit en espérant ne pas à avoir à faire face à un autre gros problème.Quand nous avons un projet, ne serait-ce que partir en vacances, nous devons le budgétiser en économisant sur autre chose. 

Si la personne handicapée n’a pas ou peu d’allocation, elle doit demander de l’argent ou justifier ses dépenses sur le compte familial et même oublier la possibilité de faire une surprise à son conjoint.
Pour notre propre situation, mon mari a un projet professionnel mais, il doit le brider afin de ne pas dépasser le sacro-saint plafond et, de part le fait, se retrouver dans une situation financière plus difficile en gagnant davantage d’argent. Un paradoxe s’il en est !

Il est plus que temps que nos dirigeants prennent pleine conscience de la vie des personnes en situation de handicape. Déjà, une bonne partie de la société se charge de nous le renvoyer au visage . Cette allocation est là pour pouvoir soit disant vivre dignement.

Pouvez vous me rappeler le montant du seuil de pauvreté ? Pour une personne seule il est de 1228€ mensuel et de 1550€ pour un couple (chiffres 2020). L’AAH à taux plein pour une personne seule s’élève à 902,70€.

Que doit on en déduire ? Pourquoi indexer cette allocation sur le salaire du deuxième membre du couple ? Ce montant dépend bien de notre invalidité ? Est-ce qu’elle diminue quand le salaire du conjoint augmente ? Personnellement je ne m’en suis jamais rendue compte.

En ce qui me concerne, j’ai déjà beaucoup de mal à non seulement accepter mon handicap, mais aussi qu’il évolue. Alors oui, oui, oui je demande à ce que l’on désolidarise le revenu du conjoint de l’AAH de la personne handicapée.

J’interpelle Madame Sophie Cluzel.

Cette allocation est censée nous permettre de vivre dignement. Actuellement elle nous permet au mieux de survivre en oubliant tout espoir de pouvoir améliorer sa situation. Pourquoi nous condamner de la sorte ? Une personne en situation de handicape n’a-t-elle pas le droit d’aspirer au bonheur ?

Catégories
Témoignage écrit

Sabrine : « Je n’arrive pas à me projeter dans la vie avec quelqu’un, car je sais que si je suis en couple mon AAH saute »

Bonjour, je m’appelle Sabrine. J’ai l’AAH depuis 25 ans suite à un accident de la circulation en moto où j’étais passagère. J’ai eu pas mal de séquelles et c’est pour cela que je suis handicapée et que je touche l’AAH. Je n’arrive pas à me projeter dans la vie avec quelqu’un, car je sais que si je suis en couple mon AAH saute.

J’ai déjà assez de difficultés à me reconstruire, je ne veux pas entraîner un éventuel ami dans mes problèmes financier et lui demander de financer mes dépenses quotidiennes tout en ayant à me justifier.

J’estime qu’il n’y serait pour rien dans mes problèmes. J’estime avoir le droit d’avoir un minimum pour vivre sans devoir me justifier, alors oui je reste et vis toute seule car je ne vois pas l’avenir à deux. Je verrais autrement si on pouvait garder l’AAH. Voilà mon histoire… 

Catégories
Témoignage écrit

Michèle : « Je ne veux pas finir ma vie déjà écourtée par la maladie comme une mendiante »

Si je témoigne c’est que depuis quelques années je suis atteinte d’un cancer du sein d’emblée métastatique, donc pas guérissable, juste soignable, ensuite j’ai développé un autre cancer, du poumon cette fois. J’étais déjà atteinte d’un lupus pour lequel on a du arrêter le traitement durant 4 ans pour des raisons d’incompatibilité avec la chimio et du coup il est en train de s’aggraver…

Depuis le début je touchais l’AAH et le complément de ressources soit un peu plus de 1100 €. Je suis en couple, mon conjoint a un salaire moyen et moi aucun revenu. Cet équilibre a changé en juillet quand mon fils a quitté la maison : on m’a supprimé le complément de ressources et une partie de l’AAH. Je ne perçois plus que 590€ et on a plus le droit à l’APL donc on doit payer notre loyer intégralement.

Cela m’oblige à avoir recours à mon conjoint pour compléter mes revenus. Je trouve tout à fait injuste de tenir compte des revenus d’un concubin puisque dans la logique les concubins ne sont pas obligés l’un envers l’autre contrairement aux gens mariés

Il est une chose, lors du départ d’un enfant du foyer, de retirer le CR ou l’APL si l’on dépasse, mais toucher à l’AAH c’est incompréhensible ! D’autant que l’on est pas moins handicapé ou empêché de travailler du jour ou l’on se retrouve à deux.

J’espère vivement que nos députés sauront rétablir les choses afin que nous ne terminions pas notre vie déjà écourtée par la maladie ou les handicaps comme des mendiants à la charge des autres surtout quand on a travaillé et cotisé depuis l’âge de 16 ans comme c’est mon cas.

Catégories
Témoignage écrit

Sylvie : «Je ne comprends pas ce mode de calcul»

Cela fait 17 ans que je suis en couple avec mon conjoint, il touche actuellement le SMIC. Je touche donc 672€ d’AAH. Je souhaiterais vraiment toucher l’AAH à taux plein, car Monsieur règle mes factures, mon assurance automobile, etc. Je ne comprends pas ce mode de calcul, pourquoi avec un SMIC je ne touche pas l’AAH en plein ? Je ne veux absolument pas dépendre de mon conjoint. J’estime que même avec un handicap nous avons le droit d’aimer. Je n’ai absolument pas demandé à être invalide…  Je suis en couple, et alors ?

Catégories
Témoignage écrit

Philippe : «Je suis à la charge de mon épouse »

J’ ai un taux d’invalidité de 80 % depuis de nombreuses années et tant que nous avions des enfants à charge, je touchais l’AAH à taux plein, puis à taux réduit. Aujourd’hui, mon épouse qui a travaillé toute sa vie pour un salaire moyen se retrouve avec 2 personnes à charge : moi qui ne touche plus du tout d’AAH et ma fille, étudiante qui n’est pas prise en compte pour le calcul de l’AAH car elle a 20 ans révolus.